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ÉCONOMIE

Consommation, santé et économie : quels effets sur les dépenses des ménages

Consommation, santé et économie : quels effets sur les dépenses des ménages
  • Publishedjuin 7, 2022

De l’alimentation au logement, du numérique à la mobilité, les habitudes de consommation des Français évoluent. Quels étaient les principaux postes de dépenses des Français en 2024 ? Décryptage, chiffres à l’appui, pour mieux comprendre les impacts environnementaux des modes de consommation.

En 2024, la dépense de consommation atteignait environ 22 300 euros par habitant, tous postes confondus, selon l’Insee.

Au cours des 60 dernières années, les postes de dépense ont pris plus de place dans les budgets, tandis que d’autres ont reculé.

Le logement : premier poste de dépense

Depuis les années 1980, le logement est devenu le principal poste de consommation des ménages français, représentant plus du quart de leurs dépenses totales. Il comprend :

  • les loyers réels ou imputés (valeur théorique attribuée aux propriétaires occupants),
  • les charges liées à l’énergie (électricité, gaz, eau, combustibles),
  • l’entretien courant.

En 2024, les ménages ont consacré 424 milliards d’euros à ce poste, soit près de 6 200 euros par habitant. Sur cette somme, 70 % correspondent aux loyers réels ou imputés.

La consommation d’énergie correspond à 16 % de la dépense logement. Sa part fluctue avec le prix des énergies.

Impact environnemental : les dépenses énergétiques du logement constituent une source importante d’émissions de gaz à effet de serre. La réduction de la consommation, qu’elle soit subie ou choisie, contribue de manière importante à la transition écologique.

Le logement a des conséquences énormes sur l’environnement. Matériaux, consommation d’énergie, artificialisation, le logement utilise des ressources et change l’occupation des sols.

Le logement a des effets sur l’environnement lors de sa construction, pendant son utilisation, et à cause de l’espace qu’il occupe. Il faut des ressources pour construire un logement, de l’énergie pour le faire fonctionner, et il modifie les sols pour longtemps. Les matériaux utilisés, leurs émissions de gaz à effet de serre ou la place que prennent les logements dans les villes et les campagnes, sont des questions de plus en plus importantes alors que le nombre de logements augmente en France.

En juillet 2023, la France comptait 38 millions de logements, soit 327 000 de plus qu’un an plus tôt (+ 0,87 %). Cette croissance continue s’explique par l’augmentation du nombre de ménages et la baisse de leur taille moyenne (source : SDES ).

Le logement a un effet sur l’environnement à chaque étape : de la construction à la démolition, en passant par l’occupation et la rénovation.

  • Artificialisation des sols : la construction de logements contribue à transformer des espaces agricoles ou naturels en zones bâties.
  • Consommation de ressources : la construction de logements consomme des matériaux : sable, gravier, ciment, bois, métaux… Ces ressources sont extraites, transportées, transformées, ce qui mobilise de l’énergie et de l’eau. Les équipements du logement (mobilier, électroménagers, décoration, …) sont également consommateur de matériaux et une source de déchets.
  • Émissions de gaz à effet de serre et de polluants : le logement émet des gaz à effet de serre à plusieurs étapes. Pendant la construction, les matériaux utilisés comme le béton sont très émetteurs. Ensuite, pendant l’occupation, le chauffage et l’utilisation des équipements consomment de l’énergie. Selon les sources d’énergie utilisées, gaz, fioul, électricité, cela produit plus ou moins de gaz à effet de serre.

L’alimentation : des choix contraints par la hausse des prix

En 1964, l’alimentation représentait le premier poste de dépense des ménages (28 % des dépenses des ménages). Aujourd’hui, elle arrive en deuxième position (16 %), loin derrière le logement avec 187 milliards d’euros dépensés en 2024. Les achats évoluent en fonction des prix de l’alimentation. Face à l’augmentation des prix (comme en 2023), les ménages réduisent certaines dépenses ou modifient la composition de leurs achats, en se tournant plus souvent vers des produits moins chers.

Impact environnemental : la production alimentaire utilise de nombreuses ressources (eau, énergie, terres agricoles) avec différentes conséquences pour l’environnement. Les changements dans les habitudes de consommation peuvent modifier ces impacts.

De la culture des aliments jusqu’à l’assiette, l’alimentation utilise des ressources, produit des déchets et émet des gaz à effet de serre. En 2023, chaque habitant a consommé en moyenne 87 kg de viande en « équivalent carcasse », c’est-à-dire en tenant compte du poids total des animaux abattus, y compris les parties non consommées (source : FranceAgriMer ). Cette consommation est en baisse par rapport au pic de 94 kg observé à la fin des années 1990. La volaille représentait 31 % de cette consommation en 2023.

Les produits laitiers occupent également une place importante dans l’alimentation. Les céréales, les fruits et les légumes comptent aussi parmi les aliments les plus consommés, mais avec une diversité importante selon les saisons, les régions et les habitudes alimentaires. Les habitudes évoluent : la consommation de produits ultra-transformés et de repas pris sur le pouce (snacking) progresse (source : Anses ).

Parallèlement, les pratiques alimentaires changent :

  • le flexitarisme consiste à réduire volontairement sa consommation de viande, sans l’exclure totalement ;
  • le pescitarisme exclut la consommation de viande mais inclut celle de poisson et crustacés ;
  • le végétarisme exclut la consommation de viande et de poisson ;
  • le végétalisme ou véganisme exclut tous les produits d’origine animale, y compris les œufs, les produits laitiers et le miel.

En 2020, 24 % des Français se déclaraient flexitariens, 1,1 % pescitariens, 0,8 % végétariens et 0,3 % végétaliens (source : FranceAgriMer ).

L’accès à une alimentation équilibrée et de qualité peut dépendre par exemple du revenu. Les personnes ayant de faibles revenus consomment ainsi en moyenne moins de fruits, de légumes ou de produits frais, et davantage de produits riches en sucres ou en matières grasses (source : France Stratégie ).

En 2018, l’alimentation représentait 22 % de l’empreinte carbone des Français, soit 2,1 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an (source : Insee ).

La plus grande part de cette empreinte (61 %) provient de la production des aliments, en particulier des produits d’origine animale. La viande de bœuf ou d’agneau est parmi les aliments les plus émetteurs de gaz à effet de serre.

Contrairement à une idée reçue, le transport des aliments ne représente qu’une faible part de cette empreinte : entre 6 % et 14 % selon les produits, contre plus de la moitié pour la production agricole elle-même. Cela signifie que manger local permet un peu de réduire son empreinte, mais que le type d’aliment consommé (par exemple viande ou légumes) a un impact bien plus important sur le climat.

On observe aussi que 46 % des émissions liées à notre alimentation proviennent de produits importés. Cela concerne notamment des matières premières comme le soja, utilisé pour nourrir les animaux d’élevage, ou des produits comme l’huile de palme et certains fruits exotiques. Ces produits peuvent avoir un impact important sur l’environnement en raison de la déforestation associée dans les pays où ils sont cultivés, ou parce qu’ils doivent parcourir de longues distances avant d’être consommés en France. (source : Haut Conseil pour le climat ).

Chaque étape du parcours des aliments, de leur production jusqu’à leur consommation, a des conséquences sur l’environnement :

  • production agricole : la majorité des gaz à effet de serre liés à un aliment sont émis lors de sa production. Cela inclut les cultures, l’usage d’engrais et de machines agricoles, ainsi que l’élevage, qui représente plus de la moitié des émissions agricoles ;
  • transformation : elle nécessite de l’énergie pour faire fonctionner les machines, chauffer, refroidir ou conserver les aliments, et elle produit aussi des déchets, comme les déchets alimentaires ou les emballages ;
  • distribution : le transport des aliments, parfois sur de longues distances, et les besoins en réfrigération contribuent à augmenter les émissions de gaz à effet de serre ;
  • consommation : la cuisson des aliments et leur conservation au réfrigérateur ou au congélateur consomment de l’énergie et contribuent à l’empreinte environnementale de l’alimentation ;
  • gaspillage : une partie des aliments encore consommables est jetée. Cela peut se produire à différents moments : pendant la production, lors de la vente, dans les restaurants ou à la maison. Bien souvent, ce gaspillage aurait pu être évité.

Les transports : entre augmentation de l’électrique et frein au carburant

En 2024, les dépenses liées aux transports représentent 12,7 % des dépenses des ménages. Les achats de véhicules représentent 21 % de cette enveloppe transport, les dépenses en carburants et lubrifiants 59 % et les services de transport (trains, avions, bus…) 19 %.

Impact environnemental : l’évolution du parc automobile vers des motorisations alternatives peut contribuer à réduire certaines émissions. Cette transition pose aussi des questions sur les ressources nécessaires à la fabrication des batteries et à la production d’électricité.

Chaque jour, plusieurs dizaines de millions de personnes se déplacent en France pour aller travailler, faire leurs courses, accompagner leurs enfants ou se rendre à des activités de loisir. Ces déplacements font partie du quotidien et ont aussi un impact sur l’environnement. Les transports sont ainsi le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en France. Découvrez comment les Français se déplacent, quels sont les effets de ces déplacements sur l’environnement, et comment les pratiques évoluent.

En France, la voiture est le mode de transport le plus utilisé pour les déplacements du quotidien et sur de longues distances. En 2023, 82 % de l’ensemble des distances parcourues par les personnes l’ont été en voiture. Pour comparer, le train représente 11 %, les bus, cars et tramways 5 %, et l’avion 1 % (source : SDES ).

Se déplacer à pied ou à vélo reste moins fréquent que les déplacements en voiture, mais ces pratiques ont un rôle important, notamment pour les trajets courts.

Près d’un quart des déplacements locaux sont effectués à pied (23,9  %), et 2,6  % à vélo (source : SDES )

Ces habitudes varient selon les personnes et les régions :

  • les femmes marchent davantage que les hommes : la marche représente 25,8 % de leurs déplacements, contre 22 % pour les hommes ;
  • les hommes utilisent le vélo deux fois plus que les femmes : ce mode de transport représente 3,7 % de leurs trajets contre 1,5 % pour les femmes ;
  • le vélo est plus utilisé dans les villes où des pistes cyclables et des aménagements sont bien développés.
  • Tous les modes de transport n’ont pas les mêmes effets sur l’environnement. Cela dépend de plusieurs facteurs : la distance parcourue, le type d’énergie utilisée, le nombre de personnes transportées, ou encore les matériaux nécessaires à leur fabrication.
    Quels modes de transports émettent le plus de gaz à effet de serre ?
    Comparaison des émissions de gaz à effet de serre par kilomètre parcouru par passager en fonction du mode de transport

Les effets des transports sur l’environnement et la sante sont multiples. Les transports contribuent à la pollution de l’air, au bruit, à la dispersion de certains métaux dans l’environnement, et à la consommation de ressources naturelles. Certains de ces impacts ont des conséquences directes sur la santé humaine, perturbent les milieux de vie des animaux et des plantes, ou nuisent à la qualité de vie.

Numérique : un équipement généralisé

Le taux d’équipement numérique des ménages français a fortement progressé ces dernières années ( source: Arcep ) :

  • Ordinateurs : 89 % en 2024 (60 % en 2007)
  • Téléphones portables : 91 % en 2024 (78 % en 2007)
  • Connexion internet : 94 % en 2024 (environ 43 % en 2007)
  • Tablettes tactiles : 54 % en 2024 (2 % en 2011)

Le poste de dépense informatique et communication représente 4 % des dépenses des ménages.

Impact environnemental : la fabrication et l’usage des équipements numériques nécessitent l’extraction de métaux rares, consomment de l’énergie tant pour la production que pour l’usage, et produisent des quantités croissantes de déchets électroniques difficiles à recycler. L’empreinte environnementale du numérique est de plus en plus importante.

Réparation : des pratiques en évolution

Les Français achètent toujours plus de biens pour leur foyer (meubles, vêtements, appareils électroniques…), mais consacrent peu à leur réparation.

En 2020, les ménages ont consacré près d’une centaine d’euros par habitant à la réparation et à l’entretien de leurs biens domestiques, hors véhicules particuliers. Plus de 40 % de ces dépenses concernent le matériel audiovisuel, photographique et numérique, seule catégorie de produits où les dépenses de réparation sont en augmentation (Source : ADEME, 2023).

Impact environnemental : privilégier la réparation au renouvellement permet de prolonger la durée d’usage des biens et de limiter la consommation de ressources nécessaires à la production de nouveaux produits.

Réemploi et seconde main : des pratiques en plein développement

Le marché de la seconde main (vide-greniers, ressourceries, plateformes en ligne) s’est développé de façon importante ces dernières années, modifiant les circuits traditionnels de consommation. Entre 2012 et 2017, la quantité de biens ménagers réemployés est passée de 567 000 à plus d’un million de tonnes.

Impact environnemental : le réemploi prolonge la durée de vie des objets et limite la production de déchets.

SOURCE: le portail français de l’environnement

Written By
Mamadou Alimou BAH

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