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Streaming et écologie : l’impact environnemental du numérique

Streaming et écologie : l’impact environnemental du numérique
  • Publishedjanvier 16, 2026

On ne cessera jamais de répéter, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont des conséquences extrêmement importantes sur l’environnement. Le numérique contribue au réchauffement climatique. Le streaming recracherait 100 millions de tonnes de CO2 par an et engloutirait 80% de la bande passante. Le streaming est une technologie incontournable en 2026. Polymorphe, il apparaît comme un point d’entrée dans la compréhension des strates de la pollution numérique. Les chaines de streaming Netflix, Canal +, Prime vidéo, Disney+, Paramount, Apple TV, la Cineteck, My Canal, Mubi, Arte, HBO Max, France TV et toutes les plateformes de diffusion de film et séries sur internet ont des responsabilités énormes sur la dégradation de l’environnement avec des empreinte écologiques indélébiles

C’est un phénomène qui s’est installé dans nos vies quotidiennes, issu de notre consommation frénétique de contenus en ligne. Lorsque nous regardons de façon inoffensive des vidéos, écoutons de la musique sur les plateformes ou que nous organisons des visioconférences pour travailler à distance. Le streaming, inoffensif en apparence, porte une responsabilité considérable dans la catastrophe écologique en cours. Devenue hors de contrôle, la dématérialisation des contenus va bientôt devenir aussi polluante que l’automobile. Désormais indispensable dans tous les usages de la vie, le streaming doit faire l’objet d’une prise de conscience de la société si on ne veut pas faire exploser encore plus la consommation d’électricité et l’exploitation des ressources. Arte propose à partir de demain une série documentaire en quatre volets sur l’origine et l’impact écologique du streaming.

En quoi le numérique aujourd’hui représente une sacrée grosse épine dans le pied, certes invisible, de la transition écologique ?

Streaming et pollution numérique

Le streaming apparaît sur le web des années 1990, sa résolution est alors encore grossièrement pixélisée. Avec l’arrivée de l’ADSL, le streaming a connu une croissance exponentielle depuis le début des années 2000, déclenchant un travail de dommage environnemental, amplifié par la suite par YouTube. Le smartphone fait de lui un incontournable puisque transportable, permanent et surtout individuel. Là où auparavant, il y avait une TV par foyer, le streaming partage la connexion entre plusieurs appareils à la fois. La généralisation des smartphones a fait exploser les usages numériques et la consommation électrique.

Enquêter sur la pollution du streaming permet de questionner l’impact du numérique sur l’environnement. Ainsi, cette technologie dont l’imaginaire repose sur des termes tels que « cloud », « immatériel » est une industrie comme les autres, qui implique des câbles, des antennes, des ordinateurs, des minerais.

Selon l’Ademe, tablettes, téléphones, autres écrans sont responsables de 10% de la consommation électrique française, une consommation énergétique du numérique qui augmente de 6% chaque année. Le numérique génère plus de 3,5% des émissions mondiales de GES.

Les émissions de gaz à effet de serre générées par le numérique : 28% dues aux infrastructures réseau ; 25% dues aux data centers ; 47% dues aux équipements des consommateurs (ordinateurs, smartphones, tablettes, objets connectés, GPS…).

L’ampleur de la technologie numérique nécessité également de questionner l’emprise des data centers. Les prévisions atteignent un maximum de 13% de l’électricité mondiale consommée par les data centers en 2030, et 51% pour le secteur informatique dans sa totalité.

Une consommation immatérielle qui masque une pollution matérielle considérable et réelle

On parle de 100 millions de tonnes de CO2 par an. Ces technologies numériques qu’on imagine totalement immatérielles, sont au contraire bien plus matérielles et polluantes qu’on ne le pense. Le streaming et le numérique en général, c’est un monde matériel qui consomme énormément d’énergie, de ressources et d’espace puisque concrètement, physiquement, matériellement, il n’existe pas sans l’exploitation des sols et des ressources naturelles. L’immatériel devient ainsi plus polluant que le matériel.

L’implantation des « Datacenters » induit une exploitation des sols et une extraction de ressources naturelles toujours plus croissante

Le datacenter présente un vrai enjeu énergétique, en ce qu’il repose sur l’occupation de sols avec des conséquences directes sur la biodiversité. C’est lui qui fait office de relai, d’échanges des données, représentant de fait une grosse consommation en énergie globale. Et plus l’utilisation du streaming augmente, plus les différents types de datacenters se développent parallèlement. C’est à partir de ce moment-là que le streaming devient énergivore.

Par exemple, Cécile Diguet, rappelle qu’en Ile de France, ce sont 165 datacenters qui stockent et trient les données numériques en matière de streaming avec toujours plus « de nouvelles demandes d’implantation de nouveaux relais, voués à exploiter toujours plus de sols naturels, agricoles et forestiers. Quand bien même il y a, en arrière fond, une incitation à implanter ces datas centers dans des terrains déjà urbanisés, dans des zones d’activités« .

Aussi, l’ingénieure Françoise Berthoud ajoute que la fabrication de ces équipements nécessite l’extraction d’une quantité importante de métaux différents qui demande de l’énergie pour les extraire :

C’est toute une chaîne de fabrication, de transports qui forme à l’arrivée une montagne de déchets. À tel point que d’ici 2035, il pourrait y avoir des pénuries mondiales de néodyme. On pourrait arriver à une fin du numérique tel qu’on le conçoit aujourd’hui, car on n’aurait même plus la quantité de composants suffisamment pour fabriquer nos appareils numériques tels qu’on les a aujourd’hui.

Comment allier sobriété et streaming ?

Selon les expertes, Françoise Berthoud, ingénieure de recherche en informatique au CNRS de fondatrice du groupe Eco Info et Cécile Diguet, directrice du département urbanisme aménagement et territoire de l’institut Paris Région, il y a de tous petits gestes qui ont certes à l’échelle individuelle un effet infime, mais qui peuvent collectivement permettre de ralentir significativement notre consommation globale d’énergie :

. Privilégier le Wi-Fi à la 4G

· Jouer sur la résolution d’une vidéo (la 5G sous-entend l’utilisation de plus en plus de Giga dans les forfaits pour augmenter la qualité des vidéos).

· Repenser l’utilisation de nos appareils, opter pour les appareils reconditionnés. Prendre soin de ses appareils qui restent encore trop souvent peu recyclés et qui sont très riches en matériaux. Garder nos appareils en vie le plus longtemps possible. Augmenter leur réparabilité permet d’éviter toujours plus d’extraction d’une trentaine de métaux chimiques nécessaires à la fabrication d’un téléphone.

· Télécharger plutôt que streamer : une fois téléchargé le fichier sur ordinateur, il reste en permanence et ne charge plus, il n’est pas en perpétuel mouvement, ce qui réduit énormément le transport de la donnée.

Source : France Inter

Written By
Mamadou Alimou BAH

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