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Dakar, capitale de la plaidoirie de l’eau pour tous

Dakar, capitale de la plaidoirie de l’eau pour tous
  • Publishedjanvier 27, 2026

Une réunion de haut niveau définit les priorités pour l’Afrique et le monde en matière de gestion de l’eau et de son assainissement.

La réunion préparatoire de haut niveau de la conférence de l’ONU sur l’eau de 2026-Dakar s’achève ce 27 janvier 2026 au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Elle est co-organisée par le Sénégal et les Émirats arabes unis avec la collaboration avec les Nations unies et le soutien des autres partenaires.

Le thème en est « Accélérer la réalisation de l’objectif de développement durable n°6 (ODD-6) : garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable ».

Cette ambition africaine « traduit une volonté de faire de l’eau un levier stratégique de transformation sociale, économique et environnementale, au service de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et l’objectif de sécurité de l’eau pour le continent ».

Pendant deux jours, des travaux entre les participants tourneront sur six axes de dialogues interactifs qui « structurent », selon le Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, sur des thématiques que sont : « L’eau pour les populations ; l’eau pour la prospérité ; l’eau pour la planète ; l’eau pour la coopération ; l’eau dans les processus multilatéraux ; et les investissements pour l’eau. »

La réunion de haut niveau de Dakar rassemble différents acteurs engagés dans la réalisation de l’ODD N°6 et des autres objectifs et cibles liés à l’eau à savoir des représentants de haut niveau des gouvernements, des Nations unies, de l’Union africaine et d’autres organisations intergouvernementales. Ainsi que des représentants des instances internationales comme la BAD et la Banque mondiale et des représentants des grands groupes et d’autres parties prenantes de la société civile.

L’urgence de trouver une solution durable

Une décennie après l’adoption de l’Agenda 2030, les chiffres restent alarmants, et le monde est loin d’atteindre les ODD 6. Selon « The Sustainable Development Goals Report 2025 » (Rapport sur les Objectifs de Développement Durable des Nations Unis 2025), malgré les progrès constants entre 2015 et 2024, 2,2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services d’alimentation en eau potable gérés en toute sécurité, 3,4 milliards de personnes sont privées de services d’assainissement gérés en toute sécurité et 1,7 milliard de personnes n’ont pas accès à des services d’hygiène de base à domicile.

De nombreux pays d’Afrique du Nord et d’Asie occidentale, ainsi que d’Asie centrale et du Sud, sont confrontés à des niveaux de stress hydrique criques dépassant 75 %, et environ 10 % de la population mondiale vit désormais sous un stress hydrique élevé ou crique. Les écosystèmes d’eau douce sont en déclin. 50 % des pays signalent qu’un ou plusieurs types d’écosystèmes liés à l’eau sont en état de dégradation. Les accords de coopération transfrontalière pour les eaux partagées restent limités.

Au rythme actuel, le monde n’atteindra pas une gestion durable de l’eau avant au moins 2049. « C’est une situation moralement inacceptable et tant qu’elle persistera, notre responsabilité collective restera engagée, car les crises de l’eau alimentent les crises alimentaires, fragilisent les économies, déplacent des populations et exacerbent les tensions », a déclaré le Président Bassirou Diomaye Faye lors de son discours d’ouverture de la cérémonie de Dakar.

L’eau est une ressource vitale pour l’Homme et la nature, mais également indispensable au maintien de l’équilibre de la planète. La crise de l’eau devient une réalité mondiale. C’est pourquoi le président Diomaye Faye a lancé un appel à une mobilisation mondiale pour trouver des réponses inclusives. « La Conférence de 2026 ne devra pas être une rencontre de plus, mais un moment de bascule par lequel la communauté internationale agira pour bâtir des réponses inclusives et durables face aux défis de l’eau et du climat ; en mobilisant États, collectivités territoriales, secteur privé, société civile, scientifiques, communautés locales, jeunes et femmes, dans un bel élan de solidarité et de complémentarité. Elle devra aussi apporter des solutions innovantes, adaptées aux réalités africaines ; des engagements concrets, mesurables et suivis dans le temps ; une meilleure coordination des initiatives, pour éviter la dispersion ; et une mobilisation accrue des financements pour réaliser les investissements adéquats. »

Les résultats de la réunion feront date

Le président sénégalais s’est également réjoui que l’Union africaine ait proclamé l’année 2026 « Année de l’Eau en Afrique », en cohérence avec l’adoption prochaine de la « nouvelle Vision africaine de l’Eau », pilotée par le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW), actuellement présidé par le Sénégal. 

Selon le Président : « Cette ambition traduit une volonté de faire de l’eau un levier stratégique de transformation sociale, économique et environnementale, au service de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et l’objectif de sécurité de l’eau pour le continent. »

De son côté, Abdullah Balalaa (photo ci-contre), le ministre adjoint des Affaires Étrangères et chef de la délégation des Émirats arabes unis a insisté sur la nécessité de passer de la parole à l’acte. Il a enfin mis l’accent dans son discours sur l’engagement des émirati de travailler pour l’accès universel à l’eau. Un fonds mondial de 150 millions d’euros a été consacré à l’innovation hydrique mais aussi à la volonté de mobilisation de financements massifs entre 2026 et 2030 pour œuvrer à l’atteinte de l’ODD N°6.

Les résultats Dakar vont contribuer tout d’abord à l’examen approfondi de l’ODD 6, lors du Forum politique de haut niveau pour le développement durable de 2026, qui se tiendra en juillet, aux Nations unies, ainsi que lors d’autres conférences et événements internationaux importants ayant lieu en 2026. Ils serviront notamment à faciliter les travaux de la Conférence des Nations unies sur l’eau, prévue du 02 au 04 décembre, à Abu Dhabi.

Reportage de Aïssatou Diamanka-Besland, NEW AFRICAN le magazine de l’Afrique

Written By
Mamadou Alimou BAH

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