A l’occasion de la 31e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu du 09 au 20 novembre 2026 en Turquie, la France s’engage à une participation décisive pour faire entendre sa voix. Le ministère de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature a organisé une conférence de presse téléphonique ce vendredi pour évoquer cette COP31 et mettre en exergue le rôle et la participation de la France à cette conférence internationale sur le climat. La conférence des partis COP est devenu un marathon de fin d’année visant à redynamiser l’engagement des Etats dans la préservation de l’environnement et la réduction du réchauffements climatique.
En Europe les mesures d’atténuation et d’adaptation climatique sont parmi les plus fortes dans le monde. L’engagement de l’Union européenne se matérialise par des évaluations fréquentes et periodiques des impacts climatiques et environnementaux dans tous les Etats membres en prenant des décisions fermes. La France contribue à grande échelle dans le cadre diplomatique au renforcement des relations internationales en matière du climat. Pour cette COP31 le ministère en charges des questions de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature retrousse les manches et parle d’enjeux et des défis nationaux et internationaux. Les réactions à chaud des cadres du ministère :
Gabriel NORMAND, conseiller diplomatique de la Ministre de la transition écologique
Alors, comme ça vient d’être dit, la ministre se rendra à la COP en fait entre le 11 et le 21 novembre. Le 21 novembre, c’est le samedi matin parce que souvent ça se termine un petit peu après le jour prévu, les COP. Et par ailleurs, j’y reviendrai, elle va co-faciliter avec son collègue philippin la discussion sur la finance lors de cette COP31. Donc en fait, ces deux éléments, à la fois la longueur assez exceptionnelle de sa présence sur place et son rôle de cofacilitation, montrent qu’il y a vraiment un investissement très important de la part de Monique BARBUT pour cette COP. Alors je vais maintenant dérouler un petit peu les priorités que la ministre va défendre pendant cette COP et puis à la fin je dirai quelques mots sur son programme.
Alors, d’abord évidemment la première des priorités ce sera d’accélérer la baisse des émissions, alors ça se traduit par plusieurs volets, le premier volet qui nous préoccupe beaucoup, c’est qu’à l’heure d’aujourd’hui, il y a encore 38 États qui n’ont pas remis leur contribution nationale, ce qu’on appelle les NDC ou les CDN en français. Et ça, on considère que c’est vraiment pas acceptable parce que c’est une obligation de l’accord de Paris. Et c’est un message qu’on porte constamment et qu’on a demandé aux deux présidences turques et australiennes de porter aussi, parce que c’est vraiment— l’accord de Paris peut pas fonctionner si les États, si tous les États ne s’inscrivent pas dans le rythme qui est prévu tous les 5 ans, on actualise les NDC, c’est vraiment au cœur du sujet. Donc ça, c’est un sujet sur lequel on va continuer à mettre la pression. Bon, ensuite, il y a le sujet dont on souhaite continuer à parler sur la sortie progressive des énergies fossiles, qui reste une priorité et qui a été décidée lors de la COP de Dubaï. Donc le Brésil vient juste de publier sa feuille de route internationale sur ce sujet.
Bon, on trouve que, alors ça vient d’être publié, donc on trouve que bon, c’est intéressant, il faut l’appuyer et il faut essayer de faire rentrer ça dans la COP, même si on sait que c’est difficile. Et comme vous le savez, s’agissant de la France, nous, on a été le premier pays à publier une feuille de route nationale, on a été suivi par l’Allemagne et les Pays-Bas. Lors de la pré-COP à Fidji, on a entendu l’annonce d’une feuille de route régionale pour la sortie des énergies fossiles dans les États du Pacifique. Donc ça, on trouve que c’est encourageant et on souhaite que cette dynamique s’amplifie. Important notamment pour préparer le prochain bonheur mondial à la COP33 en 2028. Bon, alors ensuite il y a une deuxième priorité qui a été proposée par la Turquie, c’est 35 % d’électrification d’ici 2035. On trouve que c’est une proposition intéressante et qu’on est disposé à soutenir, mais à au moins 2 conditions. La première, c’est qu’il faut quand même qu’il s’agisse d’électricité propre, parce que si c’est l’électricité fondée, enfin basée sur le charbon, ça ne fonctionne pas. Et puis, la deuxième priorité, on pense que c’est important que ce thème il soit inclus dans une décision de adoptée par toutes les parties et pas seulement par un groupe d’États. Ça enverra un message beaucoup plus fort si c’est le cas et ça aura beaucoup plus d’impact. Alors ensuite, une priorité très forte que va porter la ministre, c’est le sujet de la réduction des émissions de méthane.
Vous savez, c’est un gaz qui a un très fort pouvoir de réchauffement, une faible durée de vie, et surtout c’est responsable d’un tiers du réchauffement climatique actuellement. Et donc, vous savez qu’on parle beaucoup de l’overshoot, et donc nous, ce qu’on pense, que pour limiter l’overshoot et pour limiter toute augmentation supplémentaire, parce que chaque dixième de degré compte, et a un impact très fort en termes de catastrophes climatiques. Donc, on pense que le méthane, c’est là où on peut avoir une efficacité et un rapport coût-efficacité particulièrement important. Et donc on souhaite qu’il y ait du texte sur ce sujet dans les décisions de la COP.
Donc, on est en train de travailler avec tous nos partenaires, les Britanniques et la Barbade sont très motivés pour avancer avec nous, et le président australien des négociations a déjà dit publiquement qu’il était d’accord pour inclure ce sujet parmi d’autres évidemment, mais dans la décision de couverture de la COP. Bon, ça c’est très important. Alors ensuite, évidemment, on portera aussi comme priorité l’adaptation. Alors une grande leçon quand même sur ce sujet, c’est que jusqu’à présent on considérait que l’adaptation c’était un sujet pour les pays en développement. L’été dernier a montré que ce n’était plus le cas et donc ça, c’est vraiment important de marteler ce sujet, que ce n’est pas seulement un sujet pour les pays en développement. Donc l’Union européenne, elle a avancé là-dessus, la Commission a proposé un nouveau cadre de référence. Donc nous, ce qu’on souhaite sur ce sujet, c’est avoir une approche concrète fondée sur les secteurs plutôt qu’une approche bureaucratique et technocratique. Et puis, j’ajouterai qu’on va aussi soutenir l’initiative Cruise, c’est une initiative qui avait été lancée lors de la COP21 par la France. Et nous, ce qu’on souhaite, c’est de couvrir tous les pays vulnérables d’ici 2027. Vous savez, c’est un système sur l’alerte précoce qui est très efficace et qui sauve beaucoup de vies.
Voilà. Et j’ajouterai sur ce sujet que nous, en termes de financement, l’adaptation, ça continue d’être une priorité et on est assez pionniers et en avance sur les autres sur ce sujet puisque 40 % de nos financements climat y sont dédiés. Bon, alors maintenant, s’agissant des autres priorités, je l’ai dit tout à l’heure, la ministre, elle, cofacilitera les discussions finances. Alors d’abord, il y a un message très clair qui a été envoyé par la France, l’Union européenne, mais tous les donateurs, c’est qu’il n’est pas question de prendre un nouvel engagement financier. Voilà, on a évidemment, on est très attaché à mettre en œuvre les engagements qui ont été pris, notamment à Bakou, vous savez, les 300 milliards de financements publics par an d’ici 2035 et les 1 300 milliards toutes sources confondues. Mais nous, on considère que la France, elle prend déjà plus que sa juste part avec des financements stables et qui sont au-dessus en fait de l’engagement qu’avait pris le président de la République de 6 milliards d’euros par an, puisque aux dernières nouvelles, on était à 7,2 milliards d’euros l’année dernière et on va maintenir ce chiffre, voire l’augmenter un peu. Bon, ensuite, une autre priorité évidemment sur la finance, c’est l’élargissement de la base des donateurs. Aujourd’hui, l’Union européenne, c’est plus de 50 % des financements alors qu’on ne représente que 6 % des émissions mondiales.
Et donc, ça pose un vrai problème de justice, mais aussi d’efficacité, parce que si vous voulez, si les grands donateurs, les grands émergents, pardon, ne contribuent pas financièrement alors qu’ils représentent une part croissante des émissions, non seulement en flux mais aussi en stock. Je rappelle que les émissions de la Chine ont dépassé celles de l’Union européenne en stock historique cumulé. Bon voilà, donc c’est des pays d’ailleurs qui contribuent déjà en réalité mais qui refusent que ce soit comptabilisé. Donc là, si vous voulez, nous ça nous pose un problème d’acceptation démocratique et ça pose un problème de justice. Donc l’élargissement de la base des donateurs, ce sera une priorité. Bon, j’ajoute qu’évidemment la défense de la science et de l’intégrité de l’information, ce sera une priorité évidemment défendue par la ministre. On est très préoccupés par les tentatives de sabotage des travaux du GIEC par certains grands pays émergents, et notamment les tentatives de reporter en fait la publication des rapports le bilan mondial.
En fait, vous savez, il y a un bilan mondial qui est prévu dans deux ans à la COP33. Ce bilan mondial, ça doit permettre de faire le point sur le réchauffement, les actions, est-ce qu’elles sont suffisantes, pas suffisantes. Et pour ça, on a besoin d’avoir une base scientifique. Et donc on a besoin des rapports du GIEC et les tentatives de reporter les rapports du GIEC, on trouve ça inacceptable. Bon. Et d’ailleurs ça sera une des priorités qu’on portera, je l’ai dit, et la France participera aussi sur ce sujet pendant la COP à plusieurs événements sur la désinformation climatique. Voilà, je ne serai pas plus long. On aura évidemment aussi, on portera la priorité de l’océan. La ministre déléguée à la Mer et à la Pêche, Catherine CHABAUD, se rendra à la COP le 17 novembre. Et puis on portera aussi, même si c’est un sujet qui est difficile, le sujet des synergies entre les trois conventions, parce que vous savez qu’on a eu trois COP cette année : la COP désertification, la COP biodiversité et la COP climat, tout ça en l’espace de quelques mois.
Et donc même si c’est un sujet difficile, on continuera à porter l’idée qu’il faut maximiser les efforts pour éviter les répétitions, de renégocier à chaque fois les mêmes textes, etc, etc. Voilà, j’ajoute que la ministre, elle a rencontré les ONG hier et les entreprises, pour les écouter et recueillir leurs priorités, leurs contributions avant la COP et pour avoir un bon dialogue avec eux. Elle les rencontrera à nouveau pendant la COP. Donc on a évidemment le souci de garder une approche très inclusive dans notre démarche. Et donc si vous avez des questions, on va laisser la parole à Benoît FARACO, notre ambassadeur climat, qui est sur le point d’embarquer à Antalya et qui va être notre chef de délégation.
Enfin, je veux juste rappeler deux choses. La première, c’est que ce n’est pas un objectif individuel par pays, c’est un objectif mondial. Et la deuxième, c’est que si on regarde les projections de l’Agence internationale de l’énergie, en fait, il y a une augmentation du taux d’électrification au niveau mondial qui nous rapproche d’une tendance vers 35 % d’ici 2035. Voilà, si on a tous les pays de la COP qui arrivent à mettre dans une décision de couverture que l’électrification, et je dis bien l’électrification propre, ou alors il y a différentes formules, l’électrification compatible avec une trajectoire 1,5 degré, tous les États se fixent ça comme objectif d’ici 2035, ça peut envoyer un message assez puissant aux marchés, aux entreprises, aux collectivités locales, parce qu’en fait l’intérêt de ces COP, c’est d’envoyer des messages politiques que les gens peuvent comprendre et mettre en œuvre à leur niveau. Et donc c’est pour ça qu’on trouve que c’est quand même intéressant. Alors c’est normal, bon, il y a des pays qui peuvent s’exprimer, qui peuvent avoir des réticences, bon, c’est pour ça qu’il y aura des négociations et c’est une proposition de la présidence turque. Nous on trouve que c’est intéressant et il faut que les négociations se déroulent, voilà.
Comment concrétiser le triplement de l’aide à l’adaptation aux pays vulnérables dans le contexte de la baisse de l’aide publique au développement, améliorer l’accès de ces pays à la finance climat ? Ce sera un des enjeux de la COP. Je pense qu’il y a une demande là-dessus, donc je ne vais pas trop anticiper, mais je pense qu’effectivement il y a des pays en développement qui vont demander que le triplement de l’aide à l’adaptation, c’est-à-dire le triplement… En fait ce n’est pas le triplement de l’aide, c’est le triplement de la part si on veut être précis.
Dans le contexte des engagements qui ont été pris à Bakou, là, 1 300 milliards, l’idée c’est de tripler la part dédiée à l’adaptation. Bon, alors il y a des discussions qui doivent se dérouler, mais ça ce sera un des enjeux de la COP. Et donc ça, je ne vais pas trop entrer dans les négociations, dans le détail des propositions à ce stade, mais il faudra qu’on y réfléchisse et il faudra qu’on apporte une réponse, à mon avis. Et puis après, une autre question, c’est améliorer l’accès de ces pays à la finance climat. Alors oui, ça aussi c’est une priorité de la ministre: comment travailler sur un meilleur accès de ces pays à la finance climat? Alors ça dépend des pays, mais il y en a pour lesquels l’accès, il est assez facile en fait, c’est les grands émergents qui ont des grosses capacités administratives, et puis pour les pays les moins avancés ou les petits États insulaires en développement qui ont moins de capacités administratives, c’est beaucoup plus compliqué de monter un dossier vis-à-vis du Fonds mondial pour le climat, vis-à-vis des grandes institutions multilatérales. Donc il faut qu’on travaille là-dessus. Il y a des instruments qui existent, qui ont été discutés par exemple à la pré-COP à Fidji, avec des paiements directs. Donc ça, c’est pour les petites îles du Pacifique. Donc on va monter un événement avec la ministre à sa demande sur l’initiative qui s’appelle Kiwa, qui est une initiative où la France et l’Australie sont parmi les principaux donateurs. Et on va monter une réunion avec ces pays-là et avec les bailleurs et les institutions financières internationales et multilatérales, parce que ça c’est un exemple d’accès direct et facilité et lié à la taille du pays. Donc l’accès à la finance, c’est un sujet très important, notamment, voilà, et il va falloir qu’on en parle aussi.
Dans le cadre du prochain bilan mondial de 2028, la France va-t-elle plaider en faveur d’une réforme des COP et de celle de la CNUCC dont les moyens financiers ne cessent de baisser ?
Là-dessus, vous savez, la ministre elle s’est déjà exprimée sur ce sujet. Elle pense qu’il faudrait peut-être renforcer les synergies, voire faire des COP communes. Elle s’interroge sur le rythme annuel des COP climat. Donc ces réflexions, je pense qu’elles sont importantes. Maintenant, vous savez, comme la ministre l’a dit elle-même aussi, c’est très difficile de réformer le système parce qu’il faudrait réécrire les conventions de Rio ou au moins l’Accord de Paris. Tout ça requiert l’unanimité et il faut aussi qu’on mesure les coûts et les bénéfices d’une discussion sur la méthode par rapport au coût et au bénéfice d’une discussion sur le fond. Et il y a toujours un risque que, vous savez, la discussion sur la méthode et la gouvernance, elle prenne la place de la discussion sur le fond, qui est quand même, à mon avis, prioritaire vu ce qu’on doit faire sur la baisse des émissions. Mais néanmoins, c’est évidemment une réflexion qu’il faut avoir parce que c’est sûr que la règle de l’unanimité nous bloque sur beaucoup de choses.
Alors c’est aussi pour ça qu’on a inventé l’agenda de l’action à l’Accord de Paris, et c’est pour ça que le président de la République a organisé un certain nombre d’événements, les One Planet Summit, vous savez, qui réunissent des coalitions d’acteurs, les coalition of the willing comme on dit, les gens les plus motivés qui veulent avancer ensemble. Donc voilà, ça c’est aussi une façon de
contourner la règle de l’unanimité. Il faut qu’on réfléchisse à ce que, parce qu’une COP, ce n’est pas la même chose que Davos, une COP ça sert à prendre des décisions, donc il faut qu’on se méfie aussi à mon avis d’une dérive où on prendrait plus de décisions significatives et on serait là que pour avoir des conversations sympathiques autour d’un café quoi, parce que ce n’est pas ça une COP, et ça c’est pas à la hauteur des enjeux du réchauffement climatique.
Benoit FARACO, ambassadeur pour le climat
Peut-être juste en complément, on voit quand même qu’à l’aune de la crise énergétique qu’on traverse depuis maintenant 9 mois et qui est la plus grande crise énergétique des temps modernes depuis 1979, il y a énormément de pays qui regardent les négociations climatiques comme la boîte à outils qui permet de développer toutes les solutions qui permettent de s’émanciper des énergies fossiles. Et comme le disait Gabriel, on a décidé la sortie des énergies fossiles à la COP28. L’électrification, c’est finalement une manière de mettre en place cette sortie progressive des énergies fossiles, à la fois en développant des renouvelables, du nucléaire, mais aussi des voitures électriques, des pompes à chaleur et des solutions dans l’industrie. Et en fait, tous les pays du monde, quand on regarde leur NDC, ont déjà des objectifs d’électrification. Donc c’est aussi sur cette base, que ce soit l’Inde qui développe très très vite en ce moment les deux-roues électriques par exemple, c’est sur cette base qu’on va aller chercher à les engager pour voir comment on accélère tous ensemble.
Oui, en complément, pour vous donner un peu de background, vous savez qu’on avait un objectif de doublement de la finance adaptation qui a été pris à Glasgow et c’est toujours bien de regarder dans le rétroviseur et cet engagement, il n’est pas totalement atteint mais il n’est pas très loin d’être atteint puisqu’on est passé de 19 milliards en 2019, qui était l’année de référence, à à peu près 35 en 2024, qui est la dernière année sur laquelle on a des chiffres consolidés. Donc on a vu qu’on avait déjà réussi à créer une vraie dynamique positive sur le doublement de l’adaptation, c’est l’engagement qu’on avait pris à Glasgow. Et ce qu’on remarquera, c’est que les grands pays ont chacun fait leur part puisque la France a atteint sa cible et l’a dépassée. On avait une cible à un tiers de nos financements et on est aujourd’hui à plus de 40 % comme l’a dit Gabriel. C’est le cas de la plupart des donneurs bilatéraux, que ce soit la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne. Et ceux qui sont un peu en retard, ce sont les banques de développement qui prennent toujours un peu plus de temps parce qu’il faut monter des projets un peu plus conséquents.
Pour la sortie des énergies fossiles, des grandes propositions sont déjà émises. On considère effectivement qu’il y a plein de propositions intéressantes dans un document qui est très riche et qui a été publié il y a 2 ou 3 jours pour la feuille de route brésilienne et que l’enjeu, c’est que c’est un document qui va nous aider à mettre en œuvre la décision qu’on a prise de sortir des énergies fossiles. Les Brésiliens proposent un processus de dialogue avec plusieurs étapes, avec des jalons en 2028, en 2030, en 2033. C’est des approches qui sont intéressantes parce qu’elles s’inscrivent dans cette logique de mise en œuvre des engagements collectifs qui ont été pris. Et donc, on espère que d’une part, un, ça va nourrir les échanges à Antalya, nous, ça nous permettra aussi de continuer un certain nombre de programmes. Vous savez qu’on est très actif sur les questions de sortie du charbon dans des partenariats avec l’Indonésie, avec l’Afrique du Sud, avec le Vietnam, avec le Sénégal aussi. Donc, on va continuer à faire vivre toutes ces initiatives qui permettent de rentrer dans le concret des engagements qui ont été pris lors des COP. Et pour nous, le deuxième sujet, c’est que cette COP, elle va être aussi à un moment, elle va commencer à préparer, comme le disait Gabriel, c’est une COP de transition, elle préparera le deuxième bilan mondial qui aura lieu en 2028 à la COP33. Et ce sera important pour nous que ces éléments de feuille de route des Brésiliens sur la forêt aussi, puisqu’ils en ont proposé une sur la forêt, mais ils en ont aussi proposé une l’an dernier sur la finance climat, ça sert de référence pour nous aider à mettre en œuvre les discussions du premier bilan mondial et surtout à préparer le deuxième. Et c’est comme ça qu’on va aborder cette négociation.
En parlant des technologies, donc CDR, c’est Carbon Removal. Donc c’est des technologies qui sont identifiées par le GIEC comme ayant des potentiels de réduction d’émissions, en tout cas de réduction de la quantité de CO2 qu’on met dans l’atmosphère pour certaines. Elles ont aujourd’hui une vraie difficulté, c’est qu’elles ne sont souvent pas économiquement viables et que les meilleures solutions, et c’est aussi pour ça que la ministre est très active sur les questions de synergies, c’est que pour enlever du carbone dans l’atmosphère quand on en a trop émis, il faut bien sûr d’abord sortir des énergies fossiles, arrêter la déforestation, parce que si on n’arrête pas les sources, on a un problème. Et ensuite, il faut activer la plus grande technologie naturelle de capture et de séquestration du carbone, c’est les océans et les forêts. Et c’est aussi pour ça qu’on est très attentifs à ce qu’on parle de forêts, de biodiversité, d’océans dans ces COP, parce que c’est des solutions qui sont souvent pleines de nombreux bénéfices sur l’adaptation comme sur l’atténuation et sur le développement économique. Et donc évidemment on préfère regarder ces technologies-là en priorité parce qu’elles sont souvent plus efficaces, mais elles font partie du débat, elles sont souvent très coûteuses et certaines sont encore parfois un mirage technologique.