x
NatureMonde
ÉCONOMIE

La raffinerie Dangote bientôt cotée

La raffinerie Dangote bientôt cotée
  • Publishedavril 23, 2026

Le groupe Dangote finalise l’introduction en Bourse de sa raffinerie de pétrole, sur plusieurs places boursières, afin de doubler sa raffinerie et quadrupler la production d’engrais.

Aliko Dangote vient d’annoncer son intention de mettre en Bourse environ 10 % de la raffinerie de pétrole Dangote dans le cadre d’une introduction en Bourse de 40 milliards de dollars sur plusieurs places boursières.

Cette inscription à la cote vise à soutenir les projets du groupe Dangote, qui prévoit d’investir 40 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années afin d’augmenter sa production d’engrais à base d’urée et d’agrandir la raffinerie de pétrole Dangote à Lagos. La raffinerie, l’un des projets industriels les plus importants de l’histoire du Nigeria, a commencé sa production en 2024. Cette introduction en Bourse s’inscrit dans le cadre du programme « Vision 2030 » du groupe, une stratégie visant à faire du groupe Dangote une entreprise générant 100 milliards $ de chiffre d’affaires.

La portée symbolique d’une opération boursière réussie de 40 milliards $ réalisée en Afrique pourrait également se révéler précieuse pour faire progresser le développement des marchés de capitaux du continent.

Les fonds potentiels ont été affectés à des objectifs clés tels que le doublement de la capacité de la raffinerie de pétrole (passant de 650 000 barils par jour à 1,4 million), le quadruplement de la production d’engrais, la mise en place d’usines de potasse et de phosphate en RD Congo, et la construction d’installations de raffinage de cuivre en Zambie.

Oyinkansola Aregbesola, spécialiste en investissements basée à Lagos, estime que ces propositions revêtent une importance supplémentaire compte tenu de la situation géopolitique actuelle causée par le conflit en Iran. La fermeture du détroit d’Ormuz a eu un impact sur le transport d’engrais essentiels vers le continent africain et a exposé les importateurs de pétrole africains à une forte hausse des prix du pétrole.

« Du point de vue des revenus, cela pourrait renforcer les bénéfices de la raffinerie. Le fait d’être un transformateur en aval offre également une certaine protection à l’Afrique, car la demande régionale en produits raffinés reste stable même lorsque les marchés en amont sont instables », explique-t-elle. Qui prévient : « D’un autre côté, de nombreux investisseurs étrangers adoptent actuellement une attitude attentiste, continuant à surveiller l’évolution de la situation géopolitique avant de s’engager. »

Dangote avait précédemment révélé son intention de mettre en bourse 5 % de la raffinerie de pétrole sur la Bourse nigériane d’ici la fin de l’année, mais les dernières propositions prévoient une cotation plus large sur plusieurs places africaines.

Un coup de pouce pour les marchés de capitaux

Frank Mwiti, directeur général de la Bourse de Nairobi, a d’ailleurs rencontré Aliko Dangote dans sa raffinerie et son usine d’engrais à Lagos.

« Nous avons discuté de la manière dont la Bourse de Nairobi et d’autres bourses africaines peuvent soutenir ce qui pourrait être la plus grande introduction en Bourse jamais réalisée en Afrique », a-t-il confirmé.

Oyinkansola Aregbesola note qu’« une structure multiplaces répartit le poids d’une offre de cette ampleur entre plusieurs pools d’investisseurs simultanément, ce qui rend la transaction plus facile à gérer ».

Elle ajoute que l’engagement de la raffinerie à verser des dividendes en dollars plutôt qu’en devises africaines, plus volatiles que le billet vert, pourrait contribuer à faciliter la participation des investisseurs étrangers. « La structure de dividendes en dollars est un attrait pour la participation étrangère. Cela répond à la préoccupation liée à la devise qui, autrement, limiterait l’intérêt sérieux des investisseurs étrangers. »

La portée symbolique d’une opération boursière réussie de 40 milliards $ réalisée en Afrique pourrait également se révéler précieuse pour faire progresser le développement des marchés de capitaux du continent.

« Pendant longtemps, toute entreprise africaine sérieuse ayant besoin de capitaux réels devait se tourner vers l’extérieur du continent. Cette cotation a le potentiel de marquer un tournant, en favorisant une plus grande intégration des marchés et en offrant aux investisseurs particuliers et institutionnels de toute l’Afrique la possibilité de détenir une participation dans l’un des actifs industriels les plus stratégiques du continent », explique Oyinkansola Aregbesola.

« Et si la transaction est menée à bien, elle pourrait devenir le modèle auquel toute grande entreprise africaine se référera lorsqu’elle envisagera de s’introduire en Bourse. »

Auteur : Harry Clynch, Magazine New African, le magazine de l’Afrique

Written By
Mamadou Alimou BAH

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *