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ÉCONOMIE ENVIRONNEMENT

Sommet «One Health» à Lyon: «Pour améliorer la santé des humains, il faut améliorer la santé de notre planète»

Sommet «One Health» à Lyon: «Pour améliorer la santé des humains, il faut améliorer la santé de notre planète»
  • Publishedavril 20, 2026

Le sommet One Health (« Une seule santé ») se tient jusqu’au 7 avril à Lyon, en France. Un sommet international qui regroupe chercheurs et dirigeants à l’initiative d’Emmanuel Macron, pour mieux prendre en compte le lien entre santé humaine, santé animale et santé environnementale. Une vingtaine de pays sont représentés et seulement quatre chefs d’État ont fait le déplacement. Après une première journée dédiée à la science, ce mardi est plus politique.

Depuis le début de sa présidence en 2017, Emmanuel Macron, le chef de l’État français, a régulièrement organisé des sommets One Planet pour aborder des thématiques environnementales au niveau international. Le rendez-vous lyonnais est le premier consacré aux sujets de santé publique. L’objectif est de mettre en haut de l’agenda politique ce concept One Health : « Une seule santé ».

Notre santé dépend effectivement de celle des animaux et de la planète tout entière. « On ne peut pas traiter tous ces sujets de manière séparée et c’est l’enjeu de ce sommet », a expliqué l’Élysée à la presse : « Si on veut améliorer durablement la santé des humains, il faut améliorer la santé de notre planète ». Les trois quarts des maladies infectieuses – Covid-19, Ebola ou Mpox – qui touchent les humains viennent désormais des animaux sauvages.

Laisser de la place aux animaux

Pour éviter une nouvelle pandémie, il faut donc laisser de la place aux animaux sans empiéter sur leur espace de vie pour éviter qu’ils se rapprochent de nous et nous transmettent leurs microbes. L’approche One Health, c’est aussi arrêter d’utiliser des antibiotiques à tort et à travers, ce qui favorise l’apparition de bactéries résistantes dans l’environnement bien plus difficiles à combattre. C’est aussi arrêter d’utiliser du plastique ou des pesticides dans notre alimentation pour éviter d’être empoisonnés.

Déforestation, changement climatique, pollution… En faisant du tort à la planète, c’est finalement à nous et à notre santé que nous en faisons. Les chercheurs l’ont rappelé le 6 avril, avec une liste de recommandations. En espérant être entendus par les décideurs aujourd’hui, avec des financements à la clé. Ils rappellent que prévenir en réparant la nature coûtera toujours moins que de tenter d’endiguer de nouvelles épidémies en catastrophe.

Contexte budgétaire « compliqué »

Il faut signaler que la France tient ce sommet au moment même où elle réduit fortement ses financements à la santé mondiale, comme de multiples pays développés, à commencer par les États-Unis sous la présidence de Donald Trump. « Il y a un contexte budgétaire qui est très compliqué », mais « ce sommet n’est pas du tout incohérent », s’est justifié l’Élysée, citée par l’AFP. « Politiquement, on est là. Financièrement, on essaie de continuer à être là. »

L’approche «Une seule santé» fonctionne et est rentable: deux exemples réussis

Face à la résistance croissante des bactéries aux antibiotiques, écrit Lucile Gimberg, du service environnement de RFI, l’Europe a agi pour réduire l’usage de ces médicaments, non seulement chez les humains mais aussi chez les animaux. Le vétérinaire et épidémiologiste François Moutou, ancien de l’Agence française de sécurité sanitaire : « Encourager les médecins à prescrire des antibiotiques quand c’est nécessaire et pas à tout bout de champ… faire en sorte qu’au niveau des élevages on diminue considérablement ces apports qui étaient jugés indispensables et qui ne l’étaient pas. On a baissé la consommation, on a donc diminué les risques de voir apparaître de nouvelles bactéries résistantes et cela dans l’intérêt général. » 

Autre exemple, en Afrique cette fois; Au Sénégal, des populations autochtones ont combattu la bilharziose, une maladie parasitaire avec une solution « Une seule santé ». Luthando Dziba dirige l’IPBES, le groupement international de scientifiques sur la biodiversité : « En retirant des espèces invasives des cours d’eau où proliféraient les parasites et les mollusques qui transmettent cette maladie, ces communautés ont réduit le taux d’infection des jeunes jusqu’à 32%. Elles ont amélioré la qualité de l’eau et les revenus des familles rurales. »

Et c’est rentable. D’après la Banque mondiale (BM), chaque euro investi dans une politique qui intègre santé humaine, animale et environnementale, permet d’économiser trois euros en réponse à une crise sanitaire.

SOURCE : RFI

Written By
Mamadou Alimou BAH

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