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LE G7 SE REUNIT A PARIS POUR PARLER ENVIRONNEMENT

LE G7 SE REUNIT A PARIS POUR PARLER ENVIRONNEMENT
  • Publishedavril 23, 2026

Évian sera de nouveau au cœur de l’actualité internationale du 15 au 17 juin 2026, 23 ans après le Sommet du G8 d’Évian de 2003 et 7 ans après le Sommet du G7 de Biarritz qu’avait présidé le chef de l’État en 2019.

En prélude donc au sommet d’Evian, une réunion des ministres de l’Environnement des pays du G7 se réunit à Paris du 23 au 24 avril à Paris. Cette réunion n’abordera pas directement les questions du climat et des énergies fossiles, des lignes rouges pour les États-Unis. 

La crise climatique est la grande absente de la réunion des ministres de l’Environnement des pays du G7, ce groupe des pays les plus industrialisés, présidée cette année par la France, qui se tient jeudi 23 et vendredi 24 à Paris. Cette réunion inclut une escapade en forêt de Fontainebleau pour l’aspect bucolique, team-building et immersion en pleine nature.

Les sujets qui fâchent

À ce G7 environnement, on va donc parler de plein de choses, de biodiversité, de désertification ou encore d’océan, mais rien sur le climat en tant que tel, rien sur la sortie des énergies fossiles. Ce n’est pas comme si on avait une crise climatique sur le feu. « Ne pas avoir dans un G7 qui rassemble les pays les plus puissants économiquement et les plus responsables de la crise, cela pose tout simplement la question de l’utilité du G7 », déplore Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat qui rassemble en France une trentaine d’associations en lutte contre le changement climatique.

« On a choisi de se concentrer sur des sujets moins conflictuels », assume le cabinet de la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut au nom de « l’unité du G7 ». La sortie des énergies fossiles est clairement une ligne rouge pour Donald Trump, lui qui ne jure que par l’or noir.

Rapport de force

Censure ou autocensure ? La France se veut pragmatique, au risque de paraître lâche : « Ce qu’on constate, c’est un manque de courage, estime Gaïa Febvre. On a finalement peu de pays qui tiennent tête aux États-Unis. On a quand même l’Allemagne, le Canada, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni mais aussi l’Union européenne : dans le rapport de force face aux États-Unis, comment ces pays-là n’ont-ils pas pu imposer de traiter plus directement de la crise climatique ? »

Climat et énergies fossiles ne sont d’ailleurs pas les seuls sujets absents de ce G7 environnement : la question « genre et climat », qui pourrait aborder notamment comment la crise climatique touche d’abord les femmes, a aussi disparu. « C’est étonnant parce que la France a sa diplomatie féministe, réagit la Malgache Augustine Rasoamahafaly, de passage à Paris pour représenter la plateforme Femme et développement durable au Women7, une coalition de la société civile organisée notamment par l’ONG Care France pour défendre l’égalité de genre dans les politiques du G7. Comme toujours, les États-Unis sont tellement forts qu’ils refusent d’intégrer le genre et le climat dans leur politique. Mais ensemble, avec les autres pays du G7, peut-être y a-t-il des visions communes pour convaincre les États-Unis et intégrer le genre et le climat dans les décisions politiques ».

Pouvoir de nuisance

Les États-Unis sont « forts » et restent la première puissance mondiale et le président français Emmanuel Macron tient évidemment à ce que son sommet d’Évian, au mois de juin, soit un succès.

« La France veut absolument que Trump soit présent au sommet d’Évian. Mais est-ce que cela vaut la peine de sacrifier les thématiques climat pour conserver ce lien avec les États-Unis au regard du contexte et du comportement des États-Unis qui sont clairement climatosceptiques ?, interroge Gaïa Febvre, du Réseau Action Climat. Ensuite, il n’est pas garanti que les éléments discutés et adoptés lors de cette réunion ministérielle vont atterrir dans la déclaration finale. Et rien ne garantit non plus le comportement des États-Unis entre aujourd’hui et juin. » Rien ne garantit que le pouvoir de nuisance des États-Unis s’arrête là.


Florent Guignard, RFI

Written By
Mamadou Alimou BAH

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