Après 15 ans passés à la tête d’Apple, Tim Cook va quitter la direction générale de la marque
Le patron d’Apple Tim Cook va quitter la direction générale début septembre pour être remplacé par un cadre du groupe, John Ternus, jusqu’ici responsable des produits physiques, de l’iPhone au Mac, selon un communiqué publié lundi 20 avril. Même si John Ternus était considéré comme favori pour succéder à Tim Cook, qui va devenir président exécutif du conseil d’administration, cette passation n’était pas attendue si rapidement.
Le PDG d’Apple, Tim Cook, quitte le poste qu’il a hérité de Steve Jobs, iconique PDG de la marque décédé en 2011, mettant ainsi fin à un règne de près de 15 ans qui a vu la valeur boursière de l’entreprise grimper de plus de 3 600 milliards de dollars durant une ère de prospérité alimentée par l’iPhone.Tim Cook, âgé de 65 ans, cédera ses fonctions de PDG à John Tenus, directeur de l’ingénierie matérielle d’Apple, le 1ᵉʳ septembre, tout en restant impliqué dans l’entreprise de Cupertino, en Californie, en tant que président exécutif. Cette transition est similaire à celles opérées par Jeff Bezos (Amazon) et Reed Hastings (Netflix) après la fin de leurs mandats respectifs, couronnés de succès.
Une vision différente de Steve Jobs mais des chiffres records
Arrivé chez Apple en 1998, Tim Cook avait été intronisé directeur général en août 2011, après la démission du dirigeant emblématique Steve Jobs, très diminué par les suites d’un cancer du pancréas, qui l’emportera quelques semaines plus tard.
Bien qu’il n’ait jamais réussi à se défaire de l’impression qu’il n’avait pas la vision de Steve Jobs, Tim Cook a su tirer parti de la popularité de l’iPhone et d’autres innovations orchestrées par son prédécesseur pour hisser Apple à des sommets qui semblaient inimaginables alors qu’elle était au bord de la faillite au milieu des années 1990.
La société Apple qui commercialise les produits comme les Macintosh, l’iPod, l’iPhone et l’iPad, la montre Apple Watch, le lecteur multimédia iTunes ou des logiciels à destination des professionnels tels que Final Cut Pro et Logic Pro. Elle est critiquée concernant la réduction de l’utilisation de produits chimiques dangereux dans ses produits et sa transition vers des sources d’énergie propres, mais aussi pour son utilisation excessive de matières premières dans la fabrication, son opposition farouche aux lois sur le droit à la réparation.
La fabrication des produits Apple (iPhone, Macbook, Apple Watch, etc.) représentent 70% de l’empreinte carbone du géant de l’informatique. L’usage des produits est ensuite le second poste de dépense (22%). À la marge, on retrouve le transport des produits (8%) et la récupération de matières (moins de 1%).
Toutefois, malgré une empreinte des produits conséquente, Apple affirme avoir évité près de 20 millions de tonnes d’émissions sur l’année 2022 grâce à l’utilisation de matériaux à faible teneur en carbone (7,8 millions de tonnes évitées), la transition vers des fournisseurs utilisant de l’énergie verte (17,4 millions de tonnes évitées) ou encore l’achat de crédits d’énergie renouvelable CER (1,4 millions de tonnes évitées).
En revanche, l’empreinte carbone de la société contre l’empreinte carbone des produits, c’est-à-dire la consommation énergétique des bureaux et des sites est neutre en carbone depuis 2020. En effet, Apple a réussi à minimiser l’empreinte carbone de ses activités en alimentant tous ses sites avec de l’électricité d’origine renouvelable (1,2 million de tonnes d’émissions évitées) et en mettant en place une efficacité énergétique de l’entreprise. Aujourd’hui, la totalité de l’électricité consommée par le groupe est verte (en magasin ou dans les bureaux). 12% de son électricité est d’ailleurs produite par un parc solaire, éolien ou hydraulique appartenant au groupe.
Le géant de l’informatique souhaite aller encore plus loin dans les efforts. Il a déjà réduit son empreinte carbone de 45 % depuis 2015 et ambitionne de devenir neutre en carbone à tous les niveaux (empreinte des produits) d’ici 2030 en réduisant de 75 % ses émissions par rapport à 2015.
« Notre entreprise est neutre en carbone. D’ici 2030, tous nos produits le seront aussi » explique Apple sur son site internet.
Faire le pari du recyclage
Pour atteindre la neutralité carbone et limiter l’impact du groupe sur le réchauffement climatique, Apple a pris le tournant de l’écoconception. L’Ademe définit l’écoconception comme « l’intégration des caractéristiques environnementales dans la conception du produit en vue d’améliorer la performance environnementale du produit tout au long de son cycle de vie ».
Ainsi, les boîtiers des MacBook Air, Mac mini, iPad et Apple Watch sont faits dans un alliage d’aluminium recyclé. Grâce au recours à cet alliage, le groupe a pu réduire son empreinte carbone de 4,3 millions de tonnes métriques en 2019. “En optant pour de l’aluminium recyclé et à faible intensité carbone, nous avons réduit de 71 % nos émissions de carbone liées à notre utilisation d’aluminium depuis 2015.”
L’aluminium n’est pas le seul matériel recyclé qu’Apple utilise. D’après le rapport publié en 2022, 8 produits commercialisés en 2021 comportent au moins 20 % de contenus recyclés ; l’utilisation de terres rares et cobalt recyclés a plus que doublé.
Pour récupérer les matériaux recyclés, Apple passe par son programme Apple Trade In. Par le biais de ce programme, Apple propose aux consommateurs et consommatrices de reprendre les vieux ordinateurs et tablettes. Au moment d’acheter un nouveau produit Apple cela vous octroie un crédit qui sera déduit de votre facture. Un bon moyen pour eux de faire des économies tout en recyclant leur ancien matériel.
Au-delà des produits, la firme a aussi repensé les emballages. Il y a 75% moins d’emballage utilisés pour les produits par rapport à 2015 et aucun film plastique extérieur n’est utilisé pour emballer l’iPhone 13. Depuis 2021, le plastique ne représentait plus que 4% des emballages.
Enfin, Apple mène une lutte contre les déchets : plus de 2 millions de tonnes de déchets n’ont pas été envoyés en décharge par les sites de fournisseurs dans le cadre du programme Zero Waste.
Le problème de l’obsolescence programmée
À première vue, Apple est donc bel et bien une pomme verte. Le seul hic la volonté non assumée d’engager les clients à changer régulièrement leur téléphone. En effet, les mises à jour régulières du logiciel IOS tendent à rendre obsolètes les anciens systèmes. Les batteries des vieux iPhone ont de plus en plus de mal à supporter les changements de logiciels. On se rapproche de l’obsolescence programmée.
Comme le rappelle l’Ademe, « La notion d’obsolescence programmée dénonce un stratagème par lequel un bien verrait sa durée normative sciemment réduite dès sa conception, limitant ainsi sa durée d’usage pour des raisons de modèle économique. »
Pour l’instant, l’entreprise n’a jamais été condamnée pour « obsolescence programmée ». Cela étant, l’entreprise a été sommée de payer 25 millions d’euros d’amende en Europe début 2020 pour avoir volontairement bridé les performances des iPhone 6 et 7 avec une nouvelle mise à jour. Aux États-Unis, l’amende est montée à 113 millions de dollars.
Cependant, une enquête a été ouverte en France en décembre 2022 pour pratiques commerciales trompeuses et obsolescence programmée. Affaire à suivre.
Une véritable écoconception passerait donc par du recyclage, mais surtout par des produits résistants au temps. En effet, des produits plus durables, c’est moins de fabrication, moins d’extraction de matières premières et moins de production d’emballage.
Dans son rapport environnemental 2023, Apple semble s’engager vers une plus grande durabilité de ses produits. L’entreprise insiste sur le design de ses appareils qui permet de résister aux aléas de la vie quotidienne (résistance aux éclaboussures et à la poussière pour l’iPhone 14 par exemple).
Elle met aussi en avant ses centres de réparation pour prolonger la durée de vie des smartphones.”En 2022, nous avons annoncé le lancement d’un nouveau programme intitulé Self Service Repair, aux Etats-Unis et en Europe, qui propose à la clientèle des pièces détachées certifiées Apple et des outils adaptés ainsi que des manuels de réparation.”En ce qui concerne le problème des mises à jour, “un nombre accru de personnes peuvent profiter des dernières mises à jour logicielles, que leur appareil soit flambant neuf ou d’une génération très antérieure.”
Reforestation et engagements environnementaux d’Apple
Enfin, l’usage des produits Apple consomme de l’énergie. En effet, pour charger tous les produits Apple, il y a besoin d’électricité. Or, le mix énergétique mondial est largement dominé par les énergies fossiles. Le charbon représente 39,3% du mix énergétique mondial et le gaz naturel, 22,9%. Et il faut savoir que 1 kWh d’électricité produite avec :
👉 Du charbon rejette 1060 grammes de CO2 ;
👉 Du gaz rejette 418 grammes de CO2.
Pour aller plus loin dans la neutralité carbone, Apple engage donc des fonds dans des projets de séquestration carbone. Ils permettent entre autres de compenser les usages liés à l’utilisation des produits.
En 2021, Apple a également conclu un partenariat avec Conservation International et Goldman Sachs pour lancer le Restore Fund. Il a pour objectif d’éliminer plus d’un million de tonnes de CO₂ par an en investissant dans des solutions écologiques. Voici les projets :
👉 La préservation de la savane au Kenya. En restaurant les écosystèmes, « ce projet permettra d’éliminer jusqu’à quatre tonnes métriques de CO₂ par hectare et par année » ;
👉 La restauration d’une forêt de mangrove en Colombie de 11 000 hectares. Cela permettra de stocker un million de tonnes métriques de CO₂. En effet, les mangroves sont « des super forêts » 😉. Elles « ont la capacité de stocker dix fois plus de carbone que les arbres des zones terrestres » ;
👉 L’investissement dans une entreprise de “micro-forêt” qui soutient des agriculteurs en marge et les aide à exploiter durablement des arbres.
SOURCE : RFI et DEKLIC